CENTRAFRIQUE. La France n'est pas là "pour protéger un régime"
Créé le 27-12-2012 à 05h05 - Mis à jour à 10h38Par Le Nouvel Observateur avec AFP
"C'est pour protéger nos ressortissants et nos intérêts", a expliqué François Hollande, contestant toute ingérence dans les affaires intérieures du pays.
Mots-clés : Ambassade, COALITION, REBELLE, Bangui
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François Hollande. (MOUSSE-POOL/SIPA)
Le président François Hollande a souligné, jeudi 27 décembre, que la présence militaire française en Centrafrique n'était pas destinée à "protéger un régime" contre l'avancée de la rébellion, mais les ressortissants et les intérêts français, en marge d'une visite à Rungis.
"Si nous sommes présents, ce n'est pas pour protéger un régime, c'est pour protéger nos ressortissants et nos intérêts et en aucune façon pour intervenir dans les affaires intérieures d'un pays, en l'occurrence la Centrafrique", a déclaré le chef de l'Etat, insistant : "Ce temps là est terminé."
Interrogé sur une possible intervention française au profit des personnes déplacées ou des réfugiés, le chef de l'Etat a souligné que la France ne pouvait "intervenir que s'il y a un mandat de l'ONU", relevant que "tel n'est pas le cas".
"Mais d'une manière générale, nous sommes toujours pour que les populations civiles soient protégées et préservées et nous ferons-là encore notre devoir", a-t-il assuré. 200 militaires français sont basés en Centrafrique, en majorité à Bangui.
Des renforts de la force internationale
La force multinationale d'Afrique centrale (FOMAC), qui compte déjà 500 militaires en Centrafrique, va envoyer par ailleurs de nouvelles troupes pour sécuriser la capitale Bangui, a annoncé jeudi son commandant, le Général Jean-Félix Akaga.
"Bangui est sécurisée au maximum par les troupes" (de la FOMAC), mais "d'autres (troupes) vont arriver pour renforcer cette mission de sécurisation de Bangui", a déclaré le Général Akaga à la radio nationale centrafricaine.
Cette force multinationale, mise en place en 2008, avait pour mission d'aider à consolider la paix dans le pays miné par des années de guerres civiles et de nombreuses rébellions. Elle a compté jusqu'à 500 soldats en provenance du Gabon, de République Démocratique du Congo, du Tchad et du Cameroun. Elle avait commencé à se retirer progressivement de la Centrafrique, qu'elle était censée quitter définitivement avant le 31 décembre 2013.
Paris fait protéger ses ressortissants par l'armée
La France, les Etats-Unis et l'ONU s'étaient employés mercredi à protéger leurs ressortissants alors que les rebelles du Séléka s'affichaient en maîtres de la Centrafrique, affirmant que le président François Bozizé avait "perdu le contrôle du pays" après deux semaines d'offensive.
Paris a fait protéger son ambassade à Bangui attaquée mercredi par des manifestants reprochant l'inaction de Paris.
Les Nations unies et les Etats-Unis ont de leur côté annoncé mercredi le retrait "temporaire" de la République centrafricaine de tous leurs employés jugés non indispensables et de leurs familles, soit 200 personnes pour l'ONU et un nombre non précisé pour les personnels de l'ambassade de Bangui et leurs familles.
Les renforts tchadiens qui campent aux portes de Bangui à l'appel du président centrafricain semblent être le dernier rempart contre une avancée des insurgés vers la capitale.
Après plus de quinze jours d'opérations et de conquête de villes, le Séléka (Alliance en sango, la langue nationale), a affirmé que "par mesure de sécurité et de protection des populations civiles, nous ne considérons plus nécessaire de mener la bataille de Bangui et d’y faire entrer nos troupes, car le général François Bozizé (...) a déjà perdu le contrôle du pays".
"Nous demandons à tous les fils et filles de Centrafrique, à tous les éléments de forces de défense et de sécurité encore fidèles au régime de François Bozizé (...) de déposer les armes immédiatement", ont ajouté les rebelles.
La Centrafrique fait "appel à la France" face à la rébellion
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http://tempsreel.nouvelobs.com/monde...r-l-armee.html